Stargate Atlantis
Une nouvelle aventure dans la galaxie de Pégase !
Format · SCOREBOΛRD
Une nouvelle aventure dans la galaxie de Pégase !
Stargate Atlantis s’inscrit naturellement dans la continuité de SG-1, tout en parvenant à forger sa propre personnalité : une cité ancienne oubliée, une nouvelle galaxie à explorer, des ennemis inédits et une dynamique d’équipe repensée. Toutefois, si cette identité est bien affirmée durant les deux premières saisons, elle s’essouffle dès la troisième. On y retrouve un goût de déjà-vu, avec plusieurs intrigues qui rappellent fortement celles déjà explorées dans SG-1.
La première saison est sans doute la plus réussie : elle installe efficacement les fondations de la série, la découverte d’Atlantis, la menace constante des Wraiths, l’isolement dans la galaxie de Pégase et tout cela porté par un sentiment de danger omniprésent. L’épisode double sur la tempête et l’inondation, ainsi que le final sous forme de siège de la cité, donnent une réelle ampleur au récit : les enjeux sont clairs, la tension constante, et le décor d’Atlantis utilisé avec beaucoup d’intelligence. C’est la saison qui exploite le mieux la promesse initiale de la série.
La deuxième saison prolonge cette dynamique de manière solide, sans toutefois égaler la puissance de la première. Le départ progressif de Ford, remplacé par Ronon Dex, modifie l’équilibre de l’équipe : on perd un personnage au potentiel dramatique sous-exploité, mais on gagne en présence physique et charisme grâce à Jason Momoa. Certains épisodes se démarquent franchement, missions spatiales, trahisons au sein des ruches wraiths, retour de Ford, mais l’effet de surprise commence déjà à s’atténuer, même si la série reste globalement de qualité.
La troisième saison amorce une rupture plus discutable. L’introduction d’une nouvelle version des Réplicateurs créés par les Lantiens enrichit certes l’univers des Anciens, mais réintroduit aussi un type d’adversaire déjà vu dans SG-1. Si l’on approfondit le passé lantièn, on y perd en originalité. Cette saison est également marquée par des départs marquants, comme ceux de Carson Beckett et d’Elizabeth Weir, qui affaiblissent l’ancrage émotionnel construit depuis le début. On sent que la série cherche un second souffle, sans vraiment y parvenir.
La quatrième saison mise beaucoup sur l’évolution de Michael, introduit auparavant. Sur le papier, le concept d’un hybride rejeté par les deux camps est fort. Mais à l’écran, cet arc prend trop de place sans suffisamment se renouveler, donnant une impression de stagnation. Quelques épisodes sortent du lot, mais l’ensemble manque d’intensité. Même l’arrivée de Samantha Carter, qui devrait consolider le lien avec SG-1, ne parvient pas à redynamiser la série. Résultat : une saison assez tiède.
La cinquième et dernière saison redresse quelque peu la barre. On y retrouve des idées plus ambitieuses, souvent mieux exploitées : Daedalus Variations joue habilement avec les univers parallèles, et le double épisode autour des Asgards de Pégase et de la technologie lantiènne réintègre intelligemment Atlantis dans le vaste univers Stargate. La présence de Daniel Jackson accentue cette impression d’unité narrative entre les deux séries. L’épisode Vegas, avec son esthétique audacieuse, montre que la série avait encore de quoi surprendre. En revanche, le final manque de souffle : les événements se précipitent, les solutions sont trop faciles, et les conséquences minimes. Une fin décevante pour une série qui méritait mieux.
Sur le plan de l’univers, le bilan est en demi-teinte. Les Wraiths restent des ennemis originaux, avec leur biologie particulière et leur relation prédatrice envers les humains. Les Genii, quant à eux, avaient le potentiel de devenir une force politique intrigante, entre société paysanne et régime militarisé mais leur traitement reste trop superficiel. De plus, la variété visuelle des planètes laisse à désirer : trop de forêts interchangeables, ce qui affaiblit la promesse d’exploration d’une nouvelle galaxie.
Côté personnages, la série s’en sort bien. Rodney McKay, vu brièvement dans SG-1, devient ici un pilier : génie aussi agaçant qu’attachant, il est un ressort comique et dramatique constant. John Sheppard, héros détendu cachant un sens profond du devoir, connaît une évolution cohérente. Teyla et Ronon apportent une touche locale intéressante, même si leurs trajectoires auraient gagné à être plus approfondies. La disparition d’Elizabeth Weir marque un vrai tournant : elle représentait un équilibre civil et politique que ses successeurs n’arriveront pas à recréer.
En somme, Stargate Atlantis reste une série attachante, qui trouve légitimement sa place dans l’univers Stargate. Ses débuts solides, son casting efficace et certains moments forts en font une aventure plaisante. Mais à partir de la saison 3, un manque de renouvellement, le recyclage d’idées et l’exploitation incomplète de ses meilleurs atouts (Wraiths, Genii, civilisation lantiènne) limitent son potentiel. Une série souvent brillante, mais qui aurait pu viser plus haut.
En définitive, Stargate Atlantis s’impose comme un digne héritier de SG-1 : elle en prolonge l’esprit tout en affirmant sa propre identité, grâce à une distribution convaincante, des adversaires mémorables et une première moitié de série particulièrement réussie. Toutefois, dès la saison 3, certaines orientations scénaristiques commencent à peser : redites narratives (retour des Réplicateurs, présence des Asgards), intrigue autour de Michael trop présente, départs de personnages clés mal amenés (notamment Carson et surtout Weir), jusqu’à un final un peu expédié au regard du potentiel initial. Malgré tout, Atlantis reste une série attachante, ponctuée d’épisodes remarquables et portée par un univers captivant, dans lequel on aurait volontiers passé plus de temps. On ne peut s’empêcher de penser que, mieux exploités, les Lantiens, les Wraiths et les Genii auraient pu propulser la série au même rang culte que SG-1, au lieu de la cantonner au statut, certes honorable, de très bon spin-off.